21 juin 2017

Canicules



Cèdre de l'Atlas



Quand l'air devient du plomb qui coule sur les épaules et sur les bras par vagues aléatoires comme des caresses volcaniques, comme la pression d'une preuve...
 
Cette séquence météorologique jamais encore enregistrée sous nos latitudes et qui est sans doute appelée à se répéter, nous laisse entrevoir un des aspects de ce que pourrait être la note climatique de l'Europe de demain : brûlante, torride et bigarrée.
 
Il nous faut alors sans perdre de temps laisser tomber les affaires courantes aux heures les plus chaudes pour observer les réactions de notre corps et si nécessaire y remédier. Ne jamais oublier le meilleur des remèdes qui est de joindre l'utile à l'agréable... pour les uns ce sera de sécher les cours quand d'autres s'offriront le rituel sacré des Espagnols et des grand-mères, à savoir une bonne petite sieste.

Sans oublier les glaces, remède éphémère mais divine consolation en cette saison abrupte.
 
Y a-t-il un effet philosophique de la canicule ? Pour le moment je n'en vois pas, mais l'un ou l'autre de mes distingués lecteurs pourra sans doute me mettre sur la piste de quelque idée originale. C'est d'ailleurs pour cela que le titre est ici au pluriel : les canicules sont multiples et sans doute ressenties de diverses manières.
 
Toutefois, je me risque à lancer un débat plus général à ce sujet : peut-on s'appuyer sur le cas de la canicule pour observer notre relation corps-esprit ?
 
Ajoutons que selon les prévisions météo nous avons encore de longues journées devant nous pour étudier ce phénomène oppressant, voire pour nous y adapter ...
 
 
 
 
 
 

14 juin 2017

Déchiffrer les pliures de l'éventail


   
 
  


La vérité réside dans les détails dit le proverbe et ce n'est pas pour rien que les bavards ont toujours là matière à produire du verbe...

L'esprit de synthèse et l'habitude de la lecture rapide nous conduisent en général à survoler les textes sans trop nous y arrêter, en nous promettant parfois d'y revenir mais sans jamais en avoir le temps. Et pourtant c'est généralement dans le creux de la vague que l'on trouve des réponses à des questions non formulées ou de précieuses informations que l'on cherchait sans en être vraiment conscient.
 
Toutefois si dans la vie courante il est facile de noter certains détails au passage, comme en coup de vent, il sera plus délicat de s'arrêter un moment pour réfléchir sur l'éventuelle récolte d'informations intéressantes. Car il serait dommage de laisser passer un filon rare par distraction ou nonchalance et plus souvent encore pour satisfaire à une précipitation parfaitement inutile.
 
Or, nous l'avons tous expérimenté un jour ou l'autre, c'est bien en prenant le temps de nous attarder sur un détail ou de suivre au flair un lien de référence que l'on tombe parfois sur des trésors cachés.

Les rides, les creux, les aspérités recèlent parfois des univers dissimulés, des cosmogonies à découvrir mais dont notre insatiable fuite en avant risque de nous empêcher de prendre conscience. Et bien sachons-le, le bonheur est parfois dans les failles.
 
A cet égard, le symbole de l'éventail est très éloquent : ouvert, semi-ouvert, fermé. Dans cette représentation élégante de la réalité il y a le creux et la crête, le dissimulé et l'apparent. C'est là le terrain de jeu de la conscience et c'est en jouant de l'un que l'on découvre l'autre et vice-versa.

Et encore devrait-on questionner la possibilité que ce soit la conscience elle-même qui génère ces pliures dans l'éventail, comme un ordinateur qui composerait des algorithmes à seule fin de les résoudre...






28 mai 2017

Le paradigme du Buddha bowl

 


L'intéressante expression de Buddha bowl et parfois encore de Buddha bowl végétarien est actuellement très en vogue dans les milieux branchés, bien qu'il ne s'agisse en réalité que d'un repas à la bonne franquette dont tous les différents ingrédients auront été disposés avec plus ou moins de goût artistique dans un plat unique.
 
De fait le nom de ce récipient provient du rituel de collecte de nourriture que pratiquent les moines bouddhistes du Sri Lanka et de l'Asie du Sud-Est en signe d'humilité. Cette forme de quête est une cérémonie quotidienne qui permet aux villageois d'exprimer leur piété et leur attachement aux valeurs spirituelles. Sans doute pensent-ils aussi s'attribuer ainsi quelques mérites pour la vie future, on n'est jamais trop prudent. Quant aux moines ils disposent ensuite de ces victuailles selon leurs propres besoins une fois de retour dans leur monastère.
 
 
Toutefois l'avatar moderne de ce concept a désormais un côté beaucoup plus prosaïque et festif, dont raffole tout autant le trentenaire branché que le retraité paresseux. En effet, des Etats-Unis à la vieille Europe, cette présentation on ne peut plus basique devient ainsi en quelques mois une tendance furieusement à la mode et, faut-il le reconnaître, bien pratique pour une banale soirée télé !

De fait, il consiste tout simplement à préparer une grande assiette dans laquelle on disposera avec harmonie tous les aliments que l'on préfère et qui nous permettront en outre de bénéficier des indispensables vitamines et oligo-éléments dont nous avons besoin pour nous maintenir en bonne forme et dans un état de santé parfaitement optimal.

Notons encore que pour une parfaite orthodoxie, il conviendrait en principe que la composition de ce plat reste strictement végétarienne. Toutefois, et puisque dans l'idéal on peut aussi y mettre tout ce qu'on aime et qui nous fait mentalement du bien, on pourra éventuellement y ajouter une sélection de nos fromages préférés et pourquoi pas un œuf de temps à autre.
 
Ne pas oublier pour autant la sophistication de quelques épices et sauces, dont l'indispensable ajvar (purée de poivrons), le kimchi (légumes fermentés, excellent pour la digestion), etc... que l'on déposera dans un coin de l'assiette, ou sur une coupelle attenante.


D'ores et déjà votre mental devrait bénéficier d'un tel traitement, ne dit-on pas qu'Einstein était végétarien ?
 
  


 
 

25 mai 2017

L'art périlleux du blog






Si l'art de tenir un blog présente un potentiel ludique évident, il n'est pourtant pas non plus dépourvu de quelques pièges dont nous pourrions à l'envi détailler certains aspects afin de décourager de trop nombreuses vocations...
 
En effet, il ne suffit pas de trouver un titre et une éventuelle ligne éditoriale, encore faudrait-il pouvoir se tenir à une certaine chronicité. Trop d'espace entre les publications risquerait de donner au lecteur l'impression d'un certain manque d'enthousiasme de l'auteur - pour ne pas parler de laxisme ou de manque d'intérêt.

D'un autre côté, les auteurs qui n'hésitent pas à publier un éditorial quasi quotidiennement sont un peu les forçats du web. Ont-ils encore une vie réelle ? Lisent-ils d'autres blogs ? Leur exercice ne tient-il pas plus de la routine que de la créativité ou de l'information ?
 
Mais aussitôt des exemples nous viennent à l'esprit qui démontrent que qualité peut aussi rimer avec fréquence, à l'instar de l'excellent site de Fredi M. Demain à l'aurore. Ce blog tout en délicatesse et en sensibilité nous invite à découvrir de nombreux thèmes de société, artistiques, voire politiques...

Sur Seuil critique nous faisons délibérément le choix d'une publication d'article à l'improviste et c'est avec reconnaissance que nous remercions nos nombreux lecteurs de nous suivre dans cette voie. Selon nous, c'est la méthode qui consiste à descendre au bout du jardin pour voir si le facteur est passé qui procure le plus d'émotions, même si en ce qui concerne le confort mieux vaudrait opter pour la routine !

Mais vous l'aurez déjà compris, plus que par le rythme de publication nous sommes concernés ici par les thèmes qui nous interpellent et que nous nous efforçons de traiter avec honnêteté tout en revendiquant notre point de vue original. Et c'est avec grand plaisir que nous restons ouverts aux suggestions et commentaires de nos aimables lecteurs...
 
 
 
 

 

28 avril 2017

Elections françaises : un enseignement du Yin et du Yang

 




Devant le grand flou qui s'ouvre maintenant pour l'électeur, on serait en effet presque tenté de lui conseiller de consulter le Yi King, le grand Livre des Mutations de la Chine antique...
 
Nous avons donc le jeune candidat masculin Emmanuel Macron, pur produit d'un puissant groupe d'intérêt, qui se signale par son art de parler beaucoup pour ne rien dire et de cacher son jeu sous une apparence angélique. Le Yin, principe féminin.
 
En face, il y a Marine Le Pen en femme forte, et même virile diront certains. La voix est vigoureuse, l'énergie puissante et le verbe haut. Le Yang, principe masculin.
 
Pour ce qui est des programmes, les grandes questions telles que l'Europe ou le choix d'une direction libérale ou socialiste sont soigneusement tenues à l'écart dans les deux offres. Seuls les spécialistes sont en mesure de faire des projections à partir des discours de campagne. Toutes ces incertitudes et ce flou contribuent à donner un contour vaguement surréaliste à cette élection. D'autant qu'à y regarder de plus près on voit aussitôt les mutations se mettre à opérer.
 
Macron le charmeur devient alors le joueur de flûte qui entraîne le troupeau à sa perte quand Le Pen se fait au contraire maternelle, les contraires s'inversent et se font face dans un étrange ballet.
 
Dans un autre tirage, on voit Le Pen entraînant la nation vers un passé chimérique qui n'existe pas quand Macron devient le chevalier blanc qui sauve la France du marasme économique en la jouant au grand casino capitaliste.
 
Au secours ! aurait-on envie de s'écrier, mais personne ne vous entend...
 
Vous n'avez sous la main que ces deux personnages improbables sortis des urnes comme des guignols de leur boîte. C'est en définitive sur votre seule intuition que repose le destin de la France pour les cinq prochaines années et l'offre étant ce qu'elle est, il va s'agir de jouer serré.
 
Et si tout ceci n'était en définitive qu'un jeu ?


29 avril :

Le jeu des forces contraires continue de se rééquilibrer en un lent ballet tournoyant vers la victoire : Marine Le Pen annonce le ralliement de Nicolas Dupond-Aignan et déclare qu'il sera nommé Premier Ministre en cas d'élection.
Un nouveau cas de figure dans le grand tournoi des forces complémentaires...
 
 
 
On a ici en effet la parfaite illustration de la création d'un puissant nœud dynamique, grâce à la réunion spontanée d'un Yin fortement teinté de Yang et d'un Yang empreint d'une touche Yin. Le vaisseau de la victoire ?
 
 
1er mai :
 
Le mouvement se concentre dans une forte spirale s'élevant en Yang dans un puissant discours de Dupond-Aignan qui vise entre autre "les traîtres LR et les fascistes gauchistes, les traîtres qui après avoir combattu Emmanuel Macron se sont couchés devant lui".
 
 
 
 
3 mai :
 
Et le dernier débat des candidats finissant en feu d'artifices chinois nous montre l'extravagance du Yang chez Marine Le Pen, ce qui la dessert nettement face au Yin mesuré de son adversaire Macron...
 


On verra donc dimanche soir si cet excès de Yang a été un bon calcul pour Le Pen. Certains commentateurs y voient déjà un subterfuge pour masquer le fait que la candidate n'entendait pas vraiment gouverner durant cette législature.

Les paris sont ouverts...


7 mai :


Et le gagnant des urnes est :


Emmanuel Macron, avec un Yang
bien équilibré par un Yin empreint
de finesse et de charme.

Longue vie au Président Macron !
 




 

24 avril 2017

Le vol de la Valkyrie






La France a pour quelques jours encore l'occasion de saisir l'opportunité exceptionnelle d'avoir une femme énergique et autoritaire à sa tête pour se sortir d'un marasme qui a déjà trop duré...
 
Les pseudo élites font mine de l'ignorer quand ils ne se permettent pas de la mépriser ouvertement, bien qu'en réalité ses partisans se recrutent dans tous les milieux sociaux. Arrivée seconde au premier tour de l'élection présidentielle, presque à égalité avec le candidat de la mondialisation et de l'européisme, elle détient en ce moment une occasion unique de montrer qu'elle existe et qu'elle ne fait pas que planer dans un rêve populiste.
 
Bien au contraire, le peuple commence à comprendre qu'il s'est fait flouer depuis trop longtemps tant par les libéraux que par les socialistes classiques, récupérés par un nouveau courant "zone euro" qui entend disposer de la France comme d'un champ d'expérience malléable et transformable à souhait.
 
Seule la blonde bretonne Le Pen en véritable valkyrie guerrière, a décidé de contrer l'alliance qui s'apprête à vendre la France au plus offrant et à externaliser sa direction. Il lui appartient dès lors de démontrer que son adversaire est bien ce loup déguisé, cette fausse gueule d'ange, ce beau parleur...
 
Déjà hier soir, grisé par les résultats du premier tour, il n'a pas hésité  à lever le déguisement pour aller festoyer dans un club à la mode sous les feux des caméras. Imprudente excursion, impudente exhibition révélant bien plus du personnage qu'il est en réalité que ne le font ses paroles toujours lisses et fluides.
 
Le Pen par contre n'a rien à dissimuler. Elle s'exprime dans un langage limpide et franc, s'offrant le luxe d'être parfaitement cash et le public lui en sait gré. Sans céder aux pressions, elle promet donc la grande alternance qui permettra enfin au peuple de choisir son destin.
 
La meilleure preuve en est qu'à cette heure-ci précisément, lundi 24 avril 2017 à 16h.05, le toujours président François Hollande a jugé utile de venir à la télévision pour prévenir le peuple des "dangers de l'extrême-droite" et pour faire part de son choix personnel du candidat Macron !
 
Publicité inespérée...





 

13 avril 2017

Tirage fatal



 


L'heure du grand tournoi approche, les espérances se donnent libre cours et les langues se délient...

C'est maintenant que la République est en suspension, tout pourrait arriver en vérité. Le sentez-vous comme je le sens ? La France épuisée par cinq années ingrates et médiocres voudrait du meilleur, mais elle n'a que le choix de ses candidats qui sont onze au départ et qui ne seront plus que deux au deuxième tour.

Hollande s'apprête donc à quitter la scène par les coulisses, pour éviter les huées de la foule. Ni larmes ni applaudissements pour cet égoïste narcissique et pervers, qui n'a pas su se faire aimer ni respecter par son peuple. Ses nominations et manipulations diverses servaient en vérité une politique de la déconstruction systématique de l'idéal français classique et de sa grandeur. Comme si Hollande se devait de rabaisser la France pour la ramener à son niveau.
 
Les pires sévices auront ainsi été infligés à l'école en laissant des expériences pédagogiques fantaisistes, initiées par de jeunes universitaires issus de la diversité et avides de reconnaissance, être conduites en "plein champ". Toute la grandeur ancienne de l'école française partie aux oubliettes pour complaire à une nouvelle élite mondialisée.
 
Il s'agit donc pour ceux qui iront voter afin de choisir une nouvelle présidence de tourner définitivement la page d'un quinquennat aussi déprimant que désastreux. Encore faudrait-il que le tableau des candidats soit pertinent tant au niveau qualitatif que programmatique. Pour ce qu'on a vu jusqu'ici, les candidats plébiscités par les sondages sont tous atypiques et relativement peu connus en dehors de Fillon. Il y a même un petit effet "alien" avec Mélenchon ou Marine Le Pen  qui pourrait provoquer des frissons d'aventure dans l'électorat des moins de trente ans...





25 mars 2017

Sit zazen and read Dogen



Pris dans le ressac étourdissant des élections quinquennales, on en oublierait presque de traiter ses propres affaires courantes. Accaparés par les media qui réclament tous leur temps d'audience, les débats interminables prolongés à dessein par les divers experts et politologues autoproclamés, nous n'avons quasiment plus le temps de préparer un vrai repas. Que nous nous contentions d'un modeste sandwich avec les restes du frigo ou que nous nous fassions royalement livrer une pizza, notre attention est toute entière tournée vers les derniers potins en provenance des candidats.
 
A mi-parcours le prochain débat n'étant programmé qu'au 4 avril, nous serons donc mis au régime sec de gré ou de force. Il y a là largement de quoi reprendre un rythme de croisière plus souple et plus utile à notre mental. C'est donc le moment de réinvestir son cerveau en commençant par le rafraîchir de toutes ces scories inutiles. Et pour ce faire, rien de plus efficient qu'une séance de méditation qui devrait nous apporter paix et sérénité en toute circonstance.
 
En effet, s'asseoir en tailleur dans la position dite zazen, autrement dit de méditation assise, procure au bout de quelques minutes déjà une certaine relaxation et un indiscutable sentiment de bien-être. Toutefois, lorsque l'on prolonge cette posture l'inconfort peut devenir pénible, mais néanmoins supportable et ses bienfaits se prolongeront encore longtemps après une séance.

Notons encore que zazen signifie "zen assis" en japonais et décrivons en quelques mots cette célèbre posture : mettre les fesses sur les bords d'un coussin rebondi et si possible rond, ouvrir les jambes en tailleur, la cheville gauche reposant sur la cuisse droite. Les deux mains sont rassemblées sous le nombril, la main gauche reposant dans la paume droite, les deux pouces se faisant face en se touchant légèrement. Respirer calmement et se décontracter en laissant passer les pensées. Essayer de ne pas se focaliser sur un sujet.
 
Bon zazen !


16 mars 2017

La traversée du désert





 
Nous allons vérifier que le chemin vers l'Elysée est en réalité une sorte de parcours initiatique qui doit nécessairement passer par des phases d'intensité et de nature diverses.
 
Et comme dans les contes de fées, il est fort à parier que le héros de l'histoire ne sera pas celui à qui tout semblait réussir pendant la campagne et dont les media avaient fait leur petit protégé avec un sens de l'à-propos un peu trop voyant... Car après l'excitation des primaires et les inévitables bains de foule pour séduire un large public, voici venir le temps de l'austérité médiatique jusqu'au 23 avril, date du premier tour de l'élection présidentielle.
 
Les candidats se sont maintenant repliés sur leur cabinet restreint et ne font plus de discours qu'en des lieux définis comme hautement stratégiques. Ils semblent perdus pour les media puisque les écrans de télévision ne renvoient plus leur image en continu. Et il convient d'admettre en toute honnêteté que ce phénomène laisse un certain sentiment de vide. Quelque chose comme le blues du désert.
 
Evidemment le chouchou de certains lobbies bien placés, à savoir le petit Macron, arrive pourtant à passer entre les gouttes et on voit toujours ici ou là son aimable minois. Hier encore sur la chaîne TV d'un de ses richissimes protecteurs, on le voyait en 2016 sur les marches de l'Elysée avec une petite barbe de trois jours très étudiée.
 
En bruit de fond on entend aussi la Valkyrie Le Pen et son loup qui se préparent à la guerre en affûtant les glaives...
 
Mais Fillon le Preux continue imperturbablement sa marche en solitaire, cerné de toutes part par des meutes de journalistes tournicotant nerveusement dans ses parages comme des coyotes à l'affût. Seul Mélenchon qui se rit ouvertement du système a eu l'audace de monter sa propre chaîne de télé ce qui est, il faut bien le reconnaître, non seulement une idée de génie mais aussi le comble de l'insolence !
 
Suivons donc encore un peu par la pensée ces impétrants qui piétinent sous un soleil de plomb pour atteindre leur oasis élyséenne...
 
 
 
 
 
Illustration :
 
Vladimir Kush
 
 





7 mars 2017

Remue-ménage à l'Elysée - épisode 1 -



 
 
Nous voici donc conviés à la traditionnelle exploration quinquennale de la machinerie électorale, avec possible révélation de quelques uns de ses puissants rouages...
 
Et d'entrée de jeu l'affaire se corse chez les Républicains avant même l'arrêt définitif du choix des candidatures. Tout se met en place pour une saison très haute en couleurs avec coups bas en provenance du domaine de la presse et autres coups tordus de la part des petits camarades de parti.
 
Ici c'est donc François Fillon qui, sortant vainqueur des urnes primaires, sera chargé de représenter la droite et le centre à l'élection présidentielle. Toutefois, c'était sans compter quelques ombres au tableau, des affaires judiciaires ayant été très opportunément semées sur sa route par le Canard Enchaîné en ouvrant le dossier des emplois d'assistants parlementaires présumés fictifs de l'épouse et des enfants Fillon.

Dès lors, quand le marquis de Villepin monte au micro pour dénoncer le candidat-président François Fillon et l'accuser de faire le jeu du Front National, le ton est donné... on veut tripatouiller les cartes. Et quand les membres du parti qui lui ont pourtant donné leur voix lors de la primaire commencent à déserter plus vite que la marée qui se retire et d'autres encore qui lui tournent le dos à l'instar de rats fuyant un navire qui prend l'eau, on sent bien que le candidat a désormais du petit plomb dans l'aile. Malgré tout il résiste, presque seul contre tous, insensible aux critiques des uns et aux quolibets des autres. Mais il vrai que l'impétrant vient d'un autre temps et d'un autre monde, petit châtelain de province austère et catholique pratiquant.

Pour autant, il a deux qualités premières : la volonté et la maîtrise de la parole. Il possède en effet tout l'attirail du grand orateur, sourcils broussailleux qui soulignent la respectabilité du personnage, voix chaude et bien posée, diction enveloppante voire hypnotique...

Dimanche 5 mars, il prononce le discours du Trocadéro alors même qu'il est de plus en plus isolé et que ses soutiens le lâchent. La pluie est de la partie mais plus de cent mille personnes sont là pour l'applaudir. Fillon se sent toujours légitime et c'est désormais avec un staff réduit à la portion congrue qu'il doit continuer à se battre. Ses discours sont désormais plus ramassés mais toujours aussi porteurs.

Dans l'après-midi du lundi 6 mars François Fillon se rend chez l'ancien président Nicolas Sarkozy, comme on va chez sa voyante pour se faire tirer le tarot...

Et nous sommes désormais en mesure de révéler qu'il s'est vu adjoindre par l'Ex deux anges gardiens parmi les meilleurs officiers, de ceux dont le nom est appelé à s'inscrire dans les livres d'histoire, à savoir François Baroin et Laurent Wauquiez.

... à suivre




Illustration :

Vladimir Kush
 

20 février 2017

Compartiments



 
 
 
En ce début de vingt-et-unième siècle la multiplication des vecteurs de communication est telle que les discours et les pensées ont tendance à se stratifier, à s'agglutiner autour d'un noyau central qui doit rester bien visible pour ne pas disparaître à l'horizon, tout simplement.
 
Dès lors on constate jour après jour que le formidable déluge d'informations dont nous disposons actuellement requiert non seulement une certaine rationalité dans le triage et l'archivage, mais aussi et surtout beaucoup de flair dans le dédale des références. Le beau métier de documentaliste peut désormais se comparer à celui de détective, tellement il faut d'intuition pour ne pas rester dans le gros du troupeau manipulé sans égards par le bon berger Google. Ah! mais l'intuition ne suffit pas, il faut aussi de la culture mais bref, c'est une autre histoire.
 
Toujours est-il que pour l'utiliser ou la classer on a besoin de compartimenter l'information mais avec souplesse et doigté, de sorte qu'elle soit toujours prête à ressurgir en cas de besoin. Certains artisans de la culture prennent le mot compartiment à la lettre et n'aiment pas trop l'idée qu'on pourrait s'y mouvoir comme dans un océan conceptuel, toujours en mouvement.
 
Et c'est pile à ce moment que nous avons besoin de visualiser un mouvement, un déplacement subtil qui crée un compartiment passager, comme dans une maison japonaise lorsqu'on déplace une cloison de papier sans bruit, juste un petit courant d'air tiède qui passe dans le dos...
 
Et là, Monsieur Goux vous saurez vous aussi lâcher prise.
 

 
 
 





7 février 2017

Distorsions médiatiques


 



Il nous faut aujourd'hui admettre que la perception que nous avons de la réalité repose pour beaucoup sur le qu'en dira-t-on et plus particulièrement ces temps-ci, sur le dît médiatique...
 
En effet, les media modernes se sont diversifiés à un point tels qu'ils sont parfois méconnaissables, se présentant volontiers comme de simples vecteurs d'information, alors même qu'ils fonctionnent en véritables générateurs de processus qui bien souvent les dépassent. Nous flottons désormais dans une sorte de demi-monde entre vérité et mythologie, oscillant comme des somnambules à la recherche d'indices de probabilité. A nous de dénouer l'écheveau des données brutes qui se trouvent spontanément à notre disposition et celles qu'il faut aller chercher soi-même en suivant sa propre intuition.

Le culte de l'information est en vérité une addiction dure et tous ceux qui en font commerce le savent bien : une fois qu'on y a goûté on n'oublie jamais ses effluves, on circule parmi l'offre des chaînes avec un appétit inextinguible de nouveautés, on slalome parmi les sites répertoriés pour leur pertinence, on court toujours pour satisfaire une curiosité jamais comblée.

Car on sent bien sous le flou des révélations distillées au compte-goutte qu'il y a quelque chose comme un grand vide à combler, un grand silence à meubler et c'est bien l'aléatoire qu'il s'agit de prendre de vitesse. Avant que l'orateur ne parle, on parle pour lui. Les journalistes qui tiennent salon à heures fixes sur les petites chaînes à la mode jouent la scène entre eux, avant même qu'elle ne soit écrite, avant même qu'elle n'existe si elle devait exister un jour...

Parfois l'information change de visage, il ne s'agit plus de renseigner sur le réel mais de façonner la réalité selon certains dispositifs expérimentaux ou certaines instructions provenant d'employeurs tenant à rester dans l'ombre. Le récent cas Fillon a été très explicite sur ce chapitre : nous avions un candidat à la présidentielle déjà sur son orbite après avoir passé victorieusement la course d'obstacles de la primaire, quand soudain surgit de nulle part une accusation mettant en cause son honnêteté et celle de son épouse. Après examen, on voit bien qu'il s'agit de beaucoup de bruit pour pas grand chose, mais ce pétard aurait pu être une bombe.

Et c'est bien le but que visaient ceux qui ont jeté l'affaire sur la place publique, à savoir les commanditaires du désormais historique "Penelope Gate".
 

17 janvier 2017

La quiétude du diariste

 

Il existe plusieurs types de blogs parmi les plus lus et commentés et chacun a ses propres afficionados. Il y a ceux qui analysent l'actualité et se plaisent à flirter avec la politique jusqu'à devenir peut-être un jour, un véritable site de référence. Ceux-là sont en principe tenus par des blogueurs dynamiques et rigoureux, qui visent sans doute une certaine notoriété...

Il y a aussi les blogs thématiques, ceux qui se consacrent intégralement à l'exploration d'un thème spécifique comme la littérature du Moyen-Âge, l'astrologie, la culture des orchidées en pot ou encore dans un genre plus classieux, le maniement expert du sabre japonais : La Voie du Samouraï.

Et puis il y les inclassables, ceux qui racontent les péripéties d'une vie au jour le jour, les petits riens qui surviennent au hasard ou, a contrario, les projets longuement mûris sous la contrainte d'une volonté inflexible. L'équivalent en somme de la tenue de ces chroniques journalières, un genre littéraire qui était fort prisé autrefois, avant que la télévision ne vienne réclamer son lot de temps libre.

Ces "blogs perso" sont le roman d'une vie. L'auteur prend ici ses aises. Tout à fait détendu il ne redoute pas de se confier, allant même jusqu'à révéler ses pensées les plus secrètes comme s'il était face à son psy. Il en oublie que sur la Toile il sera lu par des milliers de lecteurs anonymes, répertorié et spolié de ses droits d'auteur par Google. Mais peu lui importe, jour après jour il relate minutieusement ses activités, ses réflexions ainsi que les évènements marquants qui auront retenu son attention.

Et c'est sans doute dans ce registre que l'on peut encore croiser de véritables diaristes à l'ancienne, s'appliquant à rapporter leurs faits et gestes quotidiens dans le moindre détail comme pour être sûr de n'en oublier aucun. On rencontre cette manie parfaitement conservée, illustrée avec talent par l'écrivain et polémiste Renaud Camus qui rend scrupuleusement compte de toutes ses démarches quotidiennes dans Le Jour ni l'Heure, aussi prosaïques fussent-elles. On y parle par exemple de douche finissant à l'eau froide, des dépenses du jour et de l'appétissante composition de repas finissant rituellement sur la poire et la framboise. On en redemande...

Que d'énergie et parfois de talent déployés dans cette activité pourtant si anodine et familière ! Ici, l'opportunité de paraître sur le web doit parfois inciter l'auteur à enjoliver ce qu'il aurait probablement laissé filer s'il ne s'était agi que de tenir le classique procès-verbal du jour sur un bon vieux cahier d'écolier. Car la simple plausibilité d'être lu par des inconnus dépasse sans doute le douillet réconfort que peut procurer la tenue régulière et casanière d'un simple journal personnel en y introduisant cette fois la petite connotation ludique, si ce n'est franchement théâtrale d'un certain exhibitionnisme...




8 janvier 2017

Encadrage du Nouvel-An







A mes bons partenaires de Hashtable,
je souhaite une bonne et heureuse nouvelle année avec du bonheur, des surprises et surtout...
des tonnes d'événements à encadrer et à commenter !

Hommage et grosse bises à vous tous, qui m'avez valeureusement donné la réplique !








Albundy17, Aristarkke, BDC, Bibi, Black Mamba, Calvin,
Dr. Slump, Flaghenheimer, Greg, Higgins, Hussard Bleu, Kekoresin,
Loki dort (faut savoir être diplomate avec les divinités), MadeInCh, MCA, Pheldge, René-Pierre Samary, Sam Player, Theo31, Val 
et tous ceux que j'oublie...



Et bien sûr, mention spéciale pour notre Guru à tous,
j'ai nommé  l'unique H16 !





16 décembre 2016

Transmutation


A cette époque, nul besoin d'un regard particulièrement attentif pour discerner les habituels rituels qui accompagnent les changements de saison ou les périodes de fêtes. Les caravanes s'animent le long des voies, les appétits s'aiguisent et les yeux des enfants se mettent à briller. Ceci vaut pour le décor.

Mais dans cet aimable défilé aussi, voici l'esprit qui orchestre ses propres joies et tourments. Ah! sortir se jeter parmi la foule pour oublier les petits tracas du quotidien ou préférer garder un certain quant à soi et rester dans son donjon à philosopher sur la vie qui s'écoule...

Et c'est alors que le cerveau saisit au vol ce qu'il ne devrait jamais lâcher de vue, à savoir cette étroite corrélation qui existe entre la conscience et le réel, si étroite qu'on peine parfois à distinguer entre les deux. Par principe, on ne devrait jamais séparer la réalité de l'esprit car il n'y a pas de réalité objective sans esprit pour attester de sa réalité.

On nous rétorquera que la science est objective et qu'elle bénéficie par conséquent d'une forme de stabilité autonome, alors que la conscience est une donnée subjective, donc plus ou moins sujette à caution. Et c'est précisément là que réside l'erreur commune qui consiste à vouloir détacher la science de sa condition de production intellectuelle.

En effet, on ne saurait nier que toute forme de science n'est que le résultat d'une opération de transmutation exercée par une intelligence dans le cadre de formes d'activité couramment répertoriées comme activités de l'esprit. La transmutation réside dans la collecte d'informations jugées pertinentes, de leur analyse et d'un travail spécifique faisant appel à la créativité et ouvrant des passerelles conceptuelles permettant des développements ultérieurs.

Certes une telle mise au point peut paraître ardue dans une société aussi matérialiste que la nôtre. Néanmoins une fois dûment examiné, le constat ne peut être que réjouissant : nous sommes donc libres de nos choix et maîtres de notre décor mental, comme nous l'indiquent les philosophies et les religions depuis des siècles...



Illustration :
Vladimir Kush

22 novembre 2016

Le retour aux valeurs sûres



Il n'aura échappé à personne que le résultat des dernières élections américaines semble devoir donner un sérieux coup de frein à l'emballement d'un mondialisme débridé, tel que conçu par une caste de notables hors sol. Les classes moyennes laissées au bord de la route et commençant à sentir qu'on se moquait un peu d'elles décidèrent en fin de compte de prendre leur revanche en élisant Donald Trump.

En France, où le peuple s'apprête aussi à élire un nouveau président, les premiers indices montrent de même que les électeurs ne sont plus aussi enclins à prendre les vessies pour des lanternes et qu'il faudra désormais compter avec un certain scepticisme désabusé. Ici aussi les élites mondialisées se sont octroyé tous les droits, y-compris celui de réorienter les manuels scolaires dans le sens de leurs fumeuses théories. Le président socialiste était trop assidu à satisfaire ses menus plaisirs pour entendre les inquiétudes qui s'exprimaient alors. Trop occupé aussi pendant les soixante heures qu'il passa à disserter avec deux journalistes autour de dîners fins, trop vaniteux sans doute pour ne pas avoir anticipé le scandale qu'allait causer la publication de leur livre.
 
Bref, il semblerait que l'heure soit désormais au repli sur soi, de même qu'à une certaine austérité de bon aloi. Et c'est précisément dans cette configuration que surgit celui qui pourrait bien être l'homme de la situation, sobre et efficace. François Fillon a en effet le profil idéal pour devenir le nouveau président français, puisqu'il séduit déjà bien au-delà de son propre camp. Premier ministre stoïque de Nicolas Sarkozy pendant les cinq ans de son mandat, pilote de course à ses heures de loisir, des nerfs d'acier et un tempérament plutôt flegmatique, c'est aussi un homme d'une grande rigueur. L'apparition sur le devant de la scène politique de ce patricien sarthois élevé chez les Jésuites semble indiquer qu'un nouveau tournant se dessine dans le champ de l'histoire et tout laisse à penser qu'on entendra désormais des notes plus classiques résonner dans les salons feutrés.

Repli stratégique d'abord et méditation sur l'état des lieux. Remettre l'église au milieu du village (n'en déplaise aux toujours mondialistes juppéistes) et ne plus craindre d'explorer ses propres ressources laissées trop longtemps en jachère. Réapprendre à restaurer ses forces intérieures sans craindre les assauts d'un réel toujours sujet à caution...



Illustration :

Vladimir Kush


 

30 octobre 2016

Octobre rouge





Revenons donc à nos réflexions paraphilosophiques pour le seul plaisir de donner tort à ceux qui n'osent plus rêver et qui, faute de mieux, croient encore devoir prendre leurs ordres chez les gourous de l'économie et les magnats de la presse.

Point n'est besoin d'être un grand expert pour saisir qu'à ce jeu-là on a trop vite fait d'abdiquer le peu de ce qui pourrait nous rester comme ambition et comme capacité de décision.

Suivre ses intuitions est toujours un bon principe, surtout si on s'en sert souvent. L'intuition étant comparable à un muscle qui a tendance à se relâcher quand on ne l'utilise pas régulièrement, profitons-en pour tester dès à présent où en est notre véritable pouvoir de discernement !





Photo :

Haykel Ezzeddine,
Tribune de Genève






24 septembre 2016

Se faire hacker par Google...

 

Et voilà, on tient un petit blog sans prétentions, sans faire trop de vagues ni provoquer une affluence incontrôlable...


Voguant paisiblement au fil des inspirations diverses, d'un parti pris privilégiant résolument l'originalité au détriment de la quantité et parfois il faut bien se l'avouer, tributaire d'une certaine aversion de la discipline, on n'y passe donc pas tout le temps qu'il mériterait.

Et quand humant dans l'air quelque nouvelle idée à développer, enfin on se décide à remettre l'ouvrage sur le métier, on constate avec effroi que la Méduse omniprésente a décidé d'y insérer ses tentacules et de tenter un hold-up.

Du jour au lendemain, Google entend prendre les rênes et imposer sa loi. Et c'est dans la partie centrale du blog, neuronale pourrait-on dire, là où sont rangés tous les détails biographiques que Google fait le ménage. C'est son job, les biographies ça lui appartient désormais et il tient à ce que cela se sache. La mise en page originelle s'est donc retrouvée gracieusement modifiée par la puissance tentaculaire.

La présentation de l'auteur en particulier semble intéresser le monstre, bien plus que les articles eux-mêmes car il ne se pose pas encore en critique littéraire et c'est heureux. Ce qui doit l'intéresser avant tout, c'est d'avoir la main mise sur les opérations depuis l'intérieur du dispositif. Blogger est en effet un logiciel libre qui est à la disposition du public et qui n'est plus soutenu par une équipe d'aide en ligne. L'auteur d'un blog Blogger se débrouille donc comme il peut, et si décidément le résultat n'est pas digne  de ses efforts, il peut toujours laisser le blog tomber en désuétude et en recommencer un nouveau. Mais ce n'est pas ce que recherche Google lequel aime le mouvement, la circulation et les statistiques.

Et bien, je dis donc officiellement à la Méduse : ok ! j'ai compris que c'était une forme d'onction, une récompense, voire un honneur que me valent mes aimables lecteurs européens et ultra-marins...

La mise en page de la bio a retrouvé sa forme originale, tout est rentré dans l'ordre. Google veille sur nous...


7 août 2016

Le niveau de la mer

 

L'été est une longue attente improbable, une saturation des sens qui confine chez certains à l'abrutissement.
 
En temps normal déjà, on a parfois envie de tancer, d'interpeller voire de légiférer car les imbéciles sont légion. En période estivale toutefois, on constate que  cette espèce particulièrement nocive pullule et s'égaille en toute impunité. Mal éduqués, sales et incultes ils s'adressent à vous avec l'insolence des malappris et s'enhardissent à vous voir encore si courtois.
 
Ils vous coupent l'herbe sous les pieds et vous font bien sentir qu'ils ne vous aiment pas. C'est réciproque.
 
D'ordinaire les vilains et mesquins restent agrippés à leur petit monde, leurs habitudes bien régulières et leurs petits codes mondains. En cette saison toutefois, la clôture est ouverte ce qui leur permet d'aller et venir en brassant de l'air. Certaines femmes de cette espèce frivole en profitent parfois pour pratiquer un sport considéré par elles comme étant du dernier chic : la chasse au spécimen non conforme... une sorte de chasse aux sorcières des temps modernes en quelque sorte.
 
Et dans ce monde rabougri où triomphent les bas du front et les petites brutes congénitales la gent masculine est loin d'être en reste. Il paraîtrait que même les géants ont oublié d'être gentils.
 
L'été serait donc une sorte de révélateur psychologique où chacun peut se voir en miroir et évaluer son propre niveau de sauvagerie ou de civilisation. Il est facile d'aller visiter quelques peuples défavorisés, de les juger barbares parce qu'ils n'ont pas l'eau courante et de se croire supérieur à eux. Pourtant c'est précisément au sein de ces diverses peuplades que l'on rencontre encore tant de gens délicats, fort bien éduqués et souvent raffinés.
 
De vraies belles personnes qui ne sont pas les simples stéréotypes sans âme que nos sociétés occidentales en sont à produire à la chaîne...
 
 
 
 
 
Illustration :
 
Vladimir Kush