Aurons-nous eu raison de continuer à rêver, à théoriser et à inventer ?
De ne jamais nous satisfaire de ces portions congrues ni des versions préalablement expurgées qu'on nous propose à l'intersection des cheminements algorithmiques. Décidément ne pas nous résoudre à foncer tête baissée dans ces pièges néologiques...
De ne jamais nous satisfaire de ces portions congrues ni des versions préalablement expurgées qu'on nous propose à l'intersection des cheminements algorithmiques. Décidément ne pas nous résoudre à foncer tête baissée dans ces pièges néologiques...
Si le monde de demain devait se distribuer en damiers grillagés sous la férule d'un web omniprésent et nous assigner une place aussi définie qu'une cellule de moine, nous n'aurions probablement que la pensée privée comme seul espace d'autonomie.
A l'évidence, il n'est plus tout à fait du ressort de la science-fiction que d'envisager Internet comme le vecteur possible d'une mainmise globale sur la société. Internet dont les couveuses virtuelles commencent déjà à produire leurs effets : on voit poindre une nouvelle génération de technocrates nés hors-sol, modelée pour répondre à de nouveaux critères culturels et économiques. Des petits soldats décomplexés, habiles à recycler les anciennes données et à les déguiser sous un nouveau manteau. Les missionnaires chargés de répandre "urbi et orbi" cette nouvelle culture apatride et prétendument ludique (jusqu'à quand ?) qui mélange allégrement toutes les spécificités dans une joyeuse world food party. Plus de comptes à rendre à quiconque, plus de droits d'auteur, plus de références stables : on mélange le tout et on brasse bien !
Et c'est tous les jours que l'on peut constater, non sans quelque effarement, que les anciennes normes et valeurs sont jetées par-dessus bord, sans que rien de précis ne soit proposé en échange, sinon une bouillie culturelle peu appétissante. Ainsi, les bibliothèques se sont fait la malle, oups! pardon, se sont faites immatérielles, l'improbable Wikipédia prétend déjà remplacer à lui tout seul les encyclopédies, alors que les références bibliographiques deviennent des mythes quasi inatteignables.
Et combien pathétiques ces bouteilles à la mer qui dérivent sur les flancs de la baleine. Ces futures runes, ces milliers de blogs et de sites mis en orbite en attendant les archéologues du futur qui viendront déchiffrer les hiéroglyphes d'une civilisation disparue ...
Et combien pathétiques ces bouteilles à la mer qui dérivent sur les flancs de la baleine. Ces futures runes, ces milliers de blogs et de sites mis en orbite en attendant les archéologues du futur qui viendront déchiffrer les hiéroglyphes d'une civilisation disparue ...
