Affichage des articles dont le libellé est technomédiatique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est technomédiatique. Afficher tous les articles

23 mars 2015

Détournement de printemps


Certes notre espace se remplit du délicieux gazouillis des oiseaux et le magnolia se pare de ses  fleurs d'un rose si délicat, mais quelque chose paraît cependant clocher dans ce retour attendu du printemps. Des signaux suspects se font jour, qui ne peuvent échapper qu'aux plus distraits d'entre nous. Quelqu'un ou quelque chose profite en effet de la réapparition de certaines conjonctions vernales pour tenter d'introduire dans nos vies des balises subliminales.
 
 
Il y eût d'abord cette fameuse éclipse solaire trop bruyamment annoncée, trop bien préparée et qui nous fût finalement invisible, prétendument pour cause de couverture nuageuse dense sur le continent. Puis cette marée d'équinoxe, qu'on nous vantait comme centennale dans les médias, pour ne ressembler au bout du compte qu'à tant d'autres marées, les unes se succédant aux autres dans une perspective des plus familières.
 
Il y a bien quelque chose dans l'air qui sent l'entourloupe, on voudrait nous raconter des histoires qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Les entités technomédiatiques qui s'arrogent maintenant le pouvoir de falsifier le réel semblent bien décidées à distraire notre attention par des effets d'illusionnisme si sophistiqués qu'ils en deviennent presque imperceptibles. Il faut déjà avoir un bon fond de paranoïa, accompagné d'un sens subtil de l'observation pour comprendre que ça ne tourne plus tout à fait rond et que le printemps n'est pas exactement à la place où il devrait être.
 
Quand les affidés du pouvoir se mettent à mélanger la technologie et la nature, les résultats peuvent être surprenants. Et si, pour parachever le tableau on y rajoute une petite couche d'envoûtement médiatique à l'intention d'un public crédule, il suffit de faire un tout petit pas de côté pour se retrouver en pleine science-fiction. Dès lors, on peut très vite commencer à faire des rapprochements, à mettre certains évènements en parallèle et à tenter de contextualiser quelques déclarations officielles. La tête nous tourne. Nous prendrait-on pour des ânes ?

Les pièces du puzzle se remettent alors en place d'elles même, comme un jackpot qui déboule gaiement de la machine à sous. Il suffit maintenant de voir au travers du filtre imposé par le discours médiatique pour comprendre que les choses ne s'agencent pas forcément comme on voudrait nous le faire croire ...



Illustration :

Hiroshe Konno
Poster publicitaire

  
 
 


20 novembre 2014

L'expertise des funambules

 
Nous avons ces jours-ci le curieux privilège d'assister à la disparition d'un monde, d'une civilisation se diluant sous nos yeux vaguement incrédules en un épisode transitoire qui cherche encore un nom et une forme, ce que tout un chacun peut ressentir à sa manière dans son vécu intime et selon ses propres critères de jugement.
 

 
 

Et puis bien sûr, il y a les spécialistes. Ceux qui ne doutent de rien, jamais ... Ceux-là n'hésitent pas à ouvrir la porte du futur et vous font visiter les nouveaux locaux : ce sont en quelque sorte des agents immobiliers qui vous vendent de l'espace vide, avant travaux. Pour simplifier, nous les qualifierons ici de caste technomédiatique.
 
Ces gens sont de véritables artistes, il faut bien le reconnaître. Ils n'hésitent pas à mouiller la chemise ni à descendre dans l'arène télévisuelle pour dérouler leur scénario et délivrer leurs ordonnances et autres oukases. Ce qui les dessert pourtant sur le moyen terme, c'est bien leur assurance qui finit par être contreproductive.
 
Résumons le processus : d'abord vous voyez les gars à la télé, vous vous dîtes ok, là ils nous parlent de nouveautés toutes fraîches, mais peut-être ont-ils déjà puissamment étudié la question en profondeur, sous tous les angles. Vous vous dîtes une telle maîtrise du sujet, une pareille aisance à disserter de phénomènes émergents ne peuvent pas être contrefaites. Et puis, à tête reposée et hors de l'emprise télévisuelle, vous vous mettez à réfléchir. Puisque les thèmes abordés sont réputés inexplorés car trop récents, comment se fait-ils que ces experts technomédiatiques soient déjà si bien documentés et semblent tellement sûrs de leur fait ?

Puis la réponse vous arrive subitement en spirale, comme la trace d'un ancien souvenir : autoréférence. La grande affaire philosophique de Fichte ! S'agit-il dans ce cas d'une problématique épistémologique ou d'une occurrence ontologique ? D'une contrebande maffieuse d'informations ou de la fabrication d'une conspiration en direct live ? Peut-être d'une stratégie globale de désinformation visant à promouvoir un certain ordre mondial et culturel ?

Autrement dit, les allégations de nos spécialistes sur les nouveaux mondes virtuels et autres variations similaires relèvent-elles d'une réalité communément observable ou sont-elles plutôt des constructions de l'esprit ? Nous penchons évidemment vers cette dernière option, tout en n'ignorant pas que tôt ou tard, les constructions de l'esprit se font visibles à l'œil nu.




Illustration

Edith Waddell, Los Angeles
Transcendental Carrousel
Acrylic on Canvas