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5 octobre 2014

Internet et l'inhibition de la pensée théorique


L'attraction cognitive exercée par le web et ses extensions mobiles n'a pas encore fait l'objet d'études approfondies, bien qu'on puisse déjà en déduire de manière intuitive certains effets secondaires des plus délétères. Notamment sur les jeunes générations, qui ne connaissent souvent en matière de gymnastique de l'esprit que le clic compulsif sur un lien hypertexte.
 
Le réflexe fort répandu qui consiste à prendre pour argent comptant tout ce qui est écrit noir sur blanc est en constante progression, malgré la soi-disant émergence d'une culture de la conspiration. La rencontre d'un cerveau et d'un monde virtuel offrant des ressources réputées inépuisables n'a pourtant aucune analogie avec la recherche d'un ouvrage dans une bibliothèque ou une librairie : ici, tout défile dans une fluctuation permanente qui n'est que miroitements de surface, le but étant visiblement de retenir l'internaute dans l'arène textuelle. Il s'agit donc de réaliser (et le plus tôt sera le mieux) que dans ce contexte le concept même de référence devient inopérant, car le processus du copier-coller entraîne des imbrications en chaîne à des niveaux si subtils qu'elles sont quasiment impossibles à détecter, même pour un robot.
 
Théoriser le web n'est donc possible qu'en mettant le système en perspective, ce qui suppose d'être encore en mesure de pouvoir s'en distancier. Dès lors comment attendre cela d'une génération qui n'a connu comme répertoire culturel que des données glanées sur divers sites et comme seule autorité professorale Wikipédia, où des bénévoles anonymes dont on ne connaîtra pas le degré d'érudition ni de neutralité composent et décomposent les articles au fil du temps !

Et pourtant il faudra bien sortir du cercle magique pour réfléchir et se donner une chance de définir ces nouvelles expériences cognitives et intellectuelles. Cela demande une indéniable forme de courage et osons le terme, un véritable saut dans le vide. Ce qui n'a rien d'anecdotique quand on songe qu'il paraît déjà incongru à certains d'envisager de remettre en cause les nouvelles procédures invasives que les grands opérateurs du web sont en train de mettre en place dans une passivité quasi générale ...

 
 
 
  

6 septembre 2014

Un blog si tranquille

 
Un bon conseil : quand vous partez en excursion sur le web et croisez sur votre chemin d'humbles weblogs à l'aspect anodin, presque invisibles dans le bocage virtuel, sachez que les apparences peuvent être trompeuses. Le cachet d'amateurisme et la modestie de l'installation peuvent parfois réserver d'étranges surprises.
 
Pas de quoi paniquer non plus, mais il sera toujours préférable de garder à l'esprit qu'une bonne théorie de réserve vaut mieux que pas de théorie du tout ! Et il faut savoir qu'aujourd'hui c'est précisément dans ces lieux secrets que peut s'élaborer le monde de demain. Eh! oui, ce que vous aviez pris pour une cabane de jardin est peut-être un refuge intellectuel où de nouveaux paradigmes sont en cours de création. A moins que des agents au service d'une puissance inconnue n'aient choisi ce mode d'emprise sur l'esprit des internautes trop crédules. Qui donc irait se méfier d'un petit ermitage perdu au milieu des forêts du web ?
 
Pour en avoir le cœur net, rien ne vaut une analyse approfondie des commentaires liés aux articles d'un blog. Ici encore, pas de règles générales, mais du feeling, de la psychologie (et si possible un bon bagage de culture générale). N'oublions pas que dans certains blogs parmi les plus fréquentés, c'est l'un des commentateurs réguliers qui est le véritable patron du bar. Celui qui brille dans les débats pendant que l'auteur présumé se coltine le boulot rédactionnel ! Par ailleurs, un nombre très élevé de commentaires est typiquement l'indicateur qui permet de supputer qu'un blog est téléguidé de l'extérieur. Mais l'absence de commentaires est tout aussi sujette à caution, car cela laisse supposer que le blog en question se positionne dans un rôle d'observatoire, voire d'arbitrage. Inquiétant. Peu de commentaires mais pointus laissent à penser que les intervenants se la jouent "au-dessus" de nos têtes, entre initiés. Il pourrait donc bien s'agir là encore d'un leurre, un blog de combat déguisé en petit blog inoffensif !
 
Bref, il n'est jamais trop tard pour se poser les bonnes questions ...
 
 

29 août 2014

La véritable nature du net par l'erreur 503


Il vous est sans doute déjà arrivé de vouloir consulter une page familière, ou d'apporter quelque modification à votre site pour tomber inopinément sur une porte close : l'erreur 503 nous explose à la figure, indiquant que le serveur est momentanément inapte à traiter notre requête HTTP.
 
Et voilà ! pressé ou pas pressé, ce sera donc l'angoisse du vide et la solitude au large de l'hypertexte. Face à l'insolent déni de service il n'existe aucun moyen de négocier un protocole de transfert, le serveur étant où bon lui semble, dans les nuages ou peut-être sous le niveau de la mer ... avec nos inestimables données personnelles.
 
C'est ici que devrait normalement s'allumer en nous une petite lueur de vigilance, sinon de paranoïa. Après tout, depuis combien d'années sommes-nous ainsi conditionnés à déposer en ligne nos biens les plus précieux (souvenirs, photos, échanges, courrier, commerce, œuvres artistiques, etc...) ? Pourquoi devrions-nous ainsi nous délester sur le net de tout ce qui remplit nos vies, des conversations de bar aux grandes questions philosophiques ? Qu'est-ce qui nous pousse à monter dans ce train comme du bétail qu'on pousse dans les wagons, par centaines, par milliers. Toujours plus d'adeptes - et moins de services de la part des opérateurs, l'aurez-vous aussi remarqué ?
 
En vérité, la nature du Net est cryptographique, dans le sens où il s'agit d'une trame à résonances multiples. Comme toutes les trames (voir les toiles d'araignée), elle est composée de signes et de vide. Cette sémantique est grisante, vertigineuse et addictive. Nous en sommes tous les disciples plus ou moins consentants, bien qu'un peu naïfs. On voit pourtant se profiler déjà quelques signaux moins ludiques, des modifications dans les règles du jeu encore éparses et plutôt anodines. Des mots qui disparaissent, des livres qu'on copie, des auteurs qu'on oublie de citer, des citations que l'on falsifie comme à dessein ...
 
Contrairement à la légende, la recherche et la vérification des informations sont plus sujettes à caution que jamais. Pour des adultes cultivés d'âge mûr (qui disposent par conséquent de multiples points de comparaison), le constat est sans appel : trop de lacunes, trop d'erreurs et d'inexactitudes se répandent sur le web. A tel point qu'il n'est pas impossible qu'il s'agisse d'une stratégie concertée plutôt que d'un concours de circonstances. Dès lors, ne serait-il pas opportun de lire dans ces marquages successifs les signes précurseurs d'un remplacement programmatique de civilisation ? A moins qu'on ne préfère employer un terme qu'on croyait définitivement passé de mode, celui de rééducation de masse.
 
A méditer et à tester en faisant quelques recherches pointues sur Google.
 
 
 

22 août 2014

Le Web a-t-il une existence ?


Voici enfin un débat digne de la haute scolastique médiévale, spécialisée dans l'art subtil des prises de tête addictives. A force d'aller et venir sous les voûtes des cloîtres on devient forcément un peu métaphysicien, forcément. Et bien malin qui pourrait trancher la question au doigt levé, si ce n'est l'inévitable professeur Edgar Morin par ailleurs architecte autoproclamé de la pensée complexe !
 
En effet, ce n'est pas parce qu'un labyrinthe recèle des embranchements cachés voire occultes, qu'ils n'existent pas. D'un autre côté, on peut soutenir que tout ce qui ne parvient pas à éclosion dans la conscience n'a qu'un degré d'existence fictionnel. Comme on s'avise assez vite qu'il retourne d'un problème à niveaux et combinaisons multiples, il vaut mieux prendre les devants et choisir soigneusement son aire d'atterrissage si on ne veut pas se retrouver largué dans la stratosphère. Oublier les cloisonnements simplistes, à gauche le web existe, à droite il n'existe pas. C'est embêtant, mais pas fatal ...

Gardons à l'esprit que l'important c'est le cheminement, le glissement de nos sandales sur les dalles. Il n'est requis que de tourbillonner au travers de la matière, d'aller jusqu'aux confins et revenir sans même bouger d'ici. Toutes les issues sont ouvertes, mais vérifier quand même.

Déjà se faire une idée de l'affaire en cours en attendant une analyse plus fouillée, à temps perdu. Agenda surchargé en ce mois d'août torride, pas une minute à soi, actualité trépidante, boîte de mails qui déborde ...